Conte d’hiver / Conte d’été

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Conte d’hiver / Conte d’été

« Voilà près de 30 ans que j’observe la Chine, son évolution économique, culturelle et sociale. Voilà près de 30 ans que le pouls de ce pays s’est emballé. Les choses vont vite. Trop vite. Les paysages et les villes se transforment, s’aliènent, s’enlaidissent. Tout y est sacrifié sur l’autel du développement et du profit. À tout prix.
Témoin direct de cette frénésie, j’ai eu envie d’arrêter le temps, de reprendre mon Leica et mes pellicules, comme on prendrait un chevalet. J’ai voulu me poser et jouer avec les lignes d’horizon, les personnages, avec pour fond, la Chine moderne photographiée comme un mirage en mutation.
Pour le conte d‘hiver, j’ai choisi le fleuve Sungari (au nord-est de la Chine), immense page blanche, toile de fond sur laquelle j’ai tenté d’imprimer la vie du grand nord chinois. Pour cela, je me suis levée avant l’aube pour la lumière bleutée, pour tous ces lève-tôt qui s’étirent, dansent, nagent, chantent et hurlent comme si tout semblait permis avant le lever du jour.
Pour le conte d’été, je suis retournée sur les plages du nord de la Chine où, alors étudiante à Pékin, je m’évadais les jours de canicule. Ces plages kitsch et désuètes qui se cherchent toujours une identité, entre station balnéaire et simple ville côtière, vibrent encore de leur flou iodé et parfois sépia : Qingdao, Beidaihe, Nandaihe, Dalian. Curieusement, après tout ce temps, dans ce contexte général de révolutions, ces mutations, ces métamorphoses, ces ambiances de plage n’ont que peu changé.

Parution
01/09/2016
Collection
Hors Collection
Format
245 x 210
Anglais/Français
Relié couverture cartonnée et toilée
55 photographies en couleur
96 pages
ISBN : 978-2-35046-389-6
Commander
Revue de presse

En sortant de la salle d’examen où elle vient de terminer sa maîtrise de chinois, Catherine Henriette s’aperçoit qu’en fait, elle ne maîtrise rien du tout.
Entre 1/125ème et 1/250ème de seconde, elle décide alors d’aller voir là-bas si elle y est … « Là-bas », c’est la Chine et les fameux 700 000 millions de Chinois de la chanson de Dutronc.  Et elle, et elle et elle…?

Au coeur de la foule pas franchement sentimentale mais plutôt tournée vers l’industrialisation à l’extrême, son coeur d’or est frappé par l’halogénure d’argent: elle sera photographe. Elle se défait, elle se débat – ce n’est pas une fille facile – , elle veut rester maître de son destin… Mais sa destinée est encore plus grande qu’elle. Photographe elle sera.

Son hyper-sensibilité enfantine se meut alors en émotion. Sa solitude en indépendance. Et peu à peu, son immense stature sensible finit par dépasser la physique. A la différence des autres filles, ce n’est pas la quincaillerie dorée autour du cou qui la rend jolie, c’est son Leica noir qui la rend belle. De l’ANPE à l’AFP, elle acquiert ses lettres de noblesse, et depuis, parcourt le monde et ses visages pour le bonheur des lecteurs de GEO, Le Figaro, L’Express…Puis, un matin d’hiver, capturer l’instant ne lui suffit plus. Elle veut s’emparer du temps. Elle pose alors son appareil comme on poserait un chevalet, et crée des compositions où s’harmonisent l’infiniment grand et l’infiniment petit, le désordre et la symétrie, la permanence et la fuite. Ironie du sort, c’est le Jury de l’Académie des Beaux Arts qui la met sous les projecteurs pour ce travail, en lui attribuant son Prix de La Photographie 2013.

Marc Desmazières