Ces photographies couleurs trouvent leur raison d’être, par effets d’échos et de résonances, dans une lecture sérielle qu’il appartient au lecteur de (re)constituer. Ce montage imaginaire alimente ainsi la trame d’un récit perdu, sorte de « road-movie mental ». Aussi, c’est dans une double acceptation, à la fois iconographique (desserte roulante) et spatiale (desserte locale), qu’il convient d’appréhender le titre de ce livre, où les images qui le composent sont autant de localités (amoureuses et géographiques) desservies par le regard.

Alors le sillon blanc qui court sur le devant de la jupe rose de la jeune fille peut faire échos à la fissure noire visible dans le cadre vide du miroir et répondre à l’avance à la bande blanche qui, quatre pages plus tard s’enfuit sur l’image nocturne d’une autoroute. Pas de certitude, mais des indices. Rien ne s’impose tout se devine. Ces prodiges ordinaires n’obéissent qu’à la loi qu’il se donnent. À la cohérence sinistrée de l’anecdote fait place la cohésion discrète d’un interrègne où la chimie des couleurs et la géométrie des figures inventent un autre récit.
André S. Labarthe (extrait du texte)

Parution
14/09/2001
Collection
é (é-crits, é-crans, é-crins)
Format
120 x 160
Français
Relié couverture cartonnée
25 photographies en couleur
28 pages
ISBN : 978-2-91438-113-0
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Revue de presse

Nicolas Comment

Auteur, Musicien, Photographe

Diplômé de l’École Nationale des Beaux-Arts de Lyon (1997) et de l’École Nationale Supérieure des Arts Décoratifs de Paris (1999), Nicolas Comment publie son premier livre de photographies en 2001 aux éditions Filigranes, « La desserte » (texte d’André S. Labarthe), qui sera suivi par « Le point » en 2003 et « A*** » en 2004.
Diverses expositions personnelles et collectives en France et à l’étranger lui permettent alors de montrer son travail que l’écrivain Bernard Noël – préfacier de deux de ses livres — définit comme un « journal du regard ».
Durant cette période, il développe peu à peu un style photographique singulier caractérisé par son utilisation originale de la couleur et son intérêt pour la route, le paysage et le nu. Cette démarche l’inscrit dans la lignée d’une photographie d’auteur française (Bernard Plossu, Magdi Senadji) et peut également être rapprochée des travaux couleur de Saul Leiter et Todd Hido.
En collaboration avec Patrick Le Bescont et Anne-Lise Broyer, Nicolas Comment a par ailleurs créé la revue « Saison » aux éditions Filigranes et publie en 2006 le livre « Fading ».
En 2004, sa rencontre avec Rodolphe Burger le rapproche du monde de la musique, jusqu’à ce que le producteur Jean-Louis Piérot lui propose de l’accompagner dans la réalisation d’un projet musical personnel dont le CD-livre « Est-ce l’Est ? (Berliner romanze) », paru en 2008, constitue le premier volet.
En 2010, il publie le livre « La visite » (son hommage à Bernard Lamarche-Vadel) et réalise son premier album produit par Marc Collin, salué par la presse : « Nous étions Dieu » (Kwaidan / Discograph).
En 2012, il adapte en musique avec Xavier Waechter le dernier recueil de poèmes de l’écrivain Bernard Lamarche-Vadel « Retrouvailles », sorti en 2012 sur le label de jazz Bonsaï Music. La même année, il expose à Paris une nouvelle série d’images, fruit d’une résidence photographique effectuée au Mexique et publie le livre « Mexico City Waltz ».
En 2014, en marge de la publication du livre « T(ange)r » aux éditions Filigranes (accompagné d’une postface de Gérard Manset et d’un 45 tours collector contenant deux chansons inédites), il expose de décembre 2014 à janvier 2015 à la galerie 127 (Marrakech) une nouvelle série de photographies réalisées dans la ville de Tanger. Son deuxième album solo, « Rose planète », (Kwaidan / Because) sort en version CD en 2015 et en version 33 tours en 2016 (Mediapop). L’exposition collective « Being beauteous » (avec A.-L. Broyer, A. Da Cunha, M. Maurel de Maillé) poursuit sa route dans différents musées français pendant toute l’année 2015. En 2016, Nicolas Comment présente une vaste exposition en duo avec Bernard Plossu, « Identification d’une ville » et expose à Vichy, dans le cadre du festival Portrait(s), une nouvelle série de photographies. Ce dernier travail, « Milo », a également fait l’objet de la publication du livre « Milo (Songbook) » aux éditions Chic Medias.

André S. Labarthe

Auteur, Cinéaste

André S. Labarthe commence sa carrière de critique cinématographique dans les années 1950. Il rencontre André Bazin qui le sollicite pour rejoindre la rédaction des Cahiers du cinéma en 19561. Il découvre le cinéma sans avoir la passion débordante pour le septième art de Jacques Rivette ou François Truffaut qui font déjà partie de la revue. Son regard critique va seul décider André Bazin à l’intégrer à l’équipe.

Membre discret et secret de la Nouvelle Vague, en marge de la marge, Labarthe est un esprit solitaire en perpétuelle ouverture sur le monde, associant librement le cinéma à la psychanalyse, au surréalisme, à la danse, à la littérature, à l’érotisme.

Sa propre vision va effectivement pour beaucoup contribuer aux positionnements critiques des Cahiers. À l’instar de ses collaborateurs, André S. Labarthe partage la même admiration pour certains réalisateurs tels que Jean Renoir, Howard Hawks ou John Ford. Il demeure aussi très attentif au cinéma émergent et participe à la promotion de la Nouvelle Vague et des nouveaux réalisateurs américains indépendants1 (John Cassavetes, Shirley Clarke). Ses dispositions à cet égard l’amèneront aussi à défendre le jeune cinéma italien, parfois contre l’avis de certains de ses confrères.

En 1964, il entame la collection « Cinéastes de notre temps » qu’il coproduit avec Janine Bazin et dont il réalisera lui-même plusieurs épisodes1. Cette collection qui s’étend sur plus de quarante ans se compose de portraits de 52 minutes de cinéastes réputés. Le premier épisode, diffusé sur l’ORTF en 1964, est réalisé par Robert Valley et est consacré à Luis Buñuel1 auquel André S. Labarthe est très attaché et qu’il a beaucoup contribué à faire reconnaître au sein de la critique. La collection propage au travers de la télévision, la vision critique des Cahiers et ancre davantage sa lecture de l’histoire cinématographique. […]