Christophe Beauregard porte un nom qu’on dirait prédestiné à la photographie. Mais comme tous les beaux regards, si le sien séduit, c’est qu’il est trouble et nous inquiète. Le "reportage" qu’il a consacré aux SDF est tellement vrai qu’il est faux. Ces hommes et ces femmes sont des acteurs, les stigmates de la dèche sont du maquillage, et leurs habits salis, des costumes. Sur l’année 2006, Christophe Beauregard a effectué des repérages, organisé les prises de vue, discuté du "personnage" avec les acteurs. La mise en scène peut à tout le moins étonner, voire indigner, quand on voit qu’à longueur de trottoir, il suffit de se baisser pour photographier pour de bon toute la misère du monde.
Beauregard aurait pu classiquement effectuer un reportage sur les sans-abri mais il estime que son engagement aurait été moindre : "Faire des photos de sans-abri, d’accord je peux, et j’arriverais à les vendre si l’actualité le permet. Et puis après ? Je laisse retourner ces femmes et ces hommes à leur saleté, à leurs souffrances ? D’un point de vue moral, je ne suis pas sûr que ça soit très clair non plus.
Gérard lefort – Libération
Ce travail sera présenté dans le cadre du festival L’été photographique de Lectoure du 19 juillet au 24 août 2008 et à la galerie Made, Paris en novembre 2008.
Co-production
Centre photographique de Lectoure - Laboratoire Janvier
Parution
20/10/2008
Collection
Hors Collection
Format
245 x 300
Français
Relié couverture cartonnée
13 photographies en couleur
40 pages
ISBN : 978-2-35046-141-0
Commander
De cet ouvrage il a été tiré trente exemplaires de tête, accompagnés d'un tirage original (18x24 cm), numéroté et signé par Christophe Beauregard.
  • Semantic tramps
    Photo #1
  • Semantic tramps
    Photo #2
Christophe Beauregard vit et travaille à Paris.
« Au-delà du traitement photographique, j’ aborde les questions du double, de l’artifice, des jeux de langage, et des dispositifs sensoriels (musique, lumière) utilisés ou inventés par des anonymes.
Cela donne lieu à des séries des prises de vues qui ne sont jamais spontanées mais toujours le résultat d’un travail de mise en scène et de composition photographique. C’est la raison pour laquelle, je pense mes photographies comme des images faussement sages et faussement rassurantes. »
 
En 2005, il s’intéresse à la chirurgie esthétique. Dans sa série Chirurgies il néglige les cicatrices et autres clichés de « l’avant-après » et photographie des visages anonymes, tous chirurgicalement retouchés. Ces 16 photographies sont publiées dans le Manuel d’esthétique (2005) aux Editions Filigranes.
En 2006, il pose son regard sur les Sdf et réalise des images dans lesquelles, avec des comédiens, il confronte un état du langage à un état de la perception, et interroge la fabrication des images dans la rhétorique des médias. Il met en scène des hommes et des femmes en mauvaises postures. Ces fictions sont publiées dans l’ouvrage Semantic tramps aux Editions Filigranes (2008), accompagné un texte inédit d’Arlette Farge.
La même année Christophe Beauregard répond à une commande (Technomades, publiée dans l’ouvrage collectif Europe-Echelle 27 chez Transphotographic press/Signatures) et fait poser en Europe du Nord des utilisateurs anonymes de technologie nomades (lecteurs MP3, ordinateurs portables, consoles de jeux…) sans leur appareillage techno devenu trop voyant.
Ses photographies sont exposées en 2008 pendant le Mois de la photo (Paris), durant L’été Photographique de Lectoure (France) et au siège LVMH (Paris).
Puis il commence un projet en trois parties, Projet XXI. Tout d’abord la série Las Vegas, pour laquelle il photographie des maisons illuminées dans les quartiers résidentiels français, et joue les trouble fêtes en dévoilant des atmosphères étranges. Pour la première fois Las Vegas est projetée au Festival Voies Off en Arles en juillet 2009, puis exposée au Bon marché Rive Gauche Paris en décembre.
Et à présent il vient de terminer le deuxième opus, Devils in disguise. Des portraits d’enfants déguisés jouant dans les bois livre un regard sur l’imaginaire de nos progénitures en train de s’émanciper dans le folklore mercantile de l’industrie des biens culturels.
 
Historienne spécialisée dans l’étude du XVIIIe siècle, directrice de recherche au CNRS et enseignante à l’EHESS. Avec son équipe de recherche du "groupe d’histoire des femmes", elle travaille sur les thèmes des identités populaires au XVIIIe siècle, relations hommes-femmes et de l’écriture de l’histoire. Elle est co-animatrice de l’émission Les Lundis de l’Histoire France Culture.