Le triboulet

Cinq rencontres avec André S. Labarthe

Le triboulet

Cinq rencontres avec André S. Labarthe
Qu’est-ce que le cinéma ? se demandait André Bazin. Qu’est-ce que filmer ? se demande, aujourd’hui, André S. Labarthe, cinéaste, tout au long de ces cinq rencontres recueillies, en leur temps, dans différentes publications. Qu’est-ce que filmer la danse ? Qu’est-ce que filmer la peinture ? Qu’est-ce que filmer le cinéma ? Qu’est-ce que filmer la littérature ? Les hypothèses avancées par ASL peuvent être drôles, sérieuses, imprévisibles ou audacieuses, elles sont, dans tous les cas, étonnamment fécondes. Si rapprocher Hitchcock d’Edgar Poe n’est plus d’une grande originalité, comparer Philippe Sollers et John Cassavetes est risqué, passer de Carolyn Carlson à Ushio Amagatsu relève du grand écart, faire dialoguer Artaud et Bazin ou Van Gogh et Mandela relève du tour de force. C’est dans cet espace ouvert que s’exerce et s’épanouit la pensée d’ASL. En ce sens Le Triboulet est un livre de correspondances. Un nœud ferroviaire, dirait ASL.
Co-production
Centre des arts d’Enghien-les-Bains
Parution
23/03/2004
Collection
Hors Collection
Format
120 x 160
Français
17 photographie en noir et blanc et couleur
104 pages
ISBN : 978-2-914381-69-7
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André S. Labarthe

Auteur, Cinéaste

André S. Labarthe commence sa carrière de critique cinématographique dans les années 1950. Il rencontre André Bazin qui le sollicite pour rejoindre la rédaction des Cahiers du cinéma en 19561. Il découvre le cinéma sans avoir la passion débordante pour le septième art de Jacques Rivette ou François Truffaut qui font déjà partie de la revue. Son regard critique va seul décider André Bazin à l’intégrer à l’équipe.

Membre discret et secret de la Nouvelle Vague, en marge de la marge, Labarthe est un esprit solitaire en perpétuelle ouverture sur le monde, associant librement le cinéma à la psychanalyse, au surréalisme, à la danse, à la littérature, à l’érotisme.

Sa propre vision va effectivement pour beaucoup contribuer aux positionnements critiques des Cahiers. À l’instar de ses collaborateurs, André S. Labarthe partage la même admiration pour certains réalisateurs tels que Jean Renoir, Howard Hawks ou John Ford. Il demeure aussi très attentif au cinéma émergent et participe à la promotion de la Nouvelle Vague et des nouveaux réalisateurs américains indépendants1 (John Cassavetes, Shirley Clarke). Ses dispositions à cet égard l’amèneront aussi à défendre le jeune cinéma italien, parfois contre l’avis de certains de ses confrères.

En 1964, il entame la collection « Cinéastes de notre temps » qu’il coproduit avec Janine Bazin et dont il réalisera lui-même plusieurs épisodes1. Cette collection qui s’étend sur plus de quarante ans se compose de portraits de 52 minutes de cinéastes réputés. Le premier épisode, diffusé sur l’ORTF en 1964, est réalisé par Robert Valley et est consacré à Luis Buñuel1 auquel André S. Labarthe est très attaché et qu’il a beaucoup contribué à faire reconnaître au sein de la critique. La collection propage au travers de la télévision, la vision critique des Cahiers et ancre davantage sa lecture de l’histoire cinématographique. […]

Anne-Lise Broyer

Photographe

Anne-Lise Broyer déclare que c’est en lectrice qu’elle aborde le monde. Elle va plus loin en prétendant que l’expérience de la photographie se confond avec celle de la lecture. Son œil circulerait dans le paysage de la manière dont il circule dans le livre, traquant la présence qui saisit, requiert, effraie ou ravit. Là où l’écrivain sortirait son carnet, Anne-Lise Broyer sort son appareil et fabrique une image. Paysages ou portraits, natures mortes… en noir et blanc le plus souvent, comme pour retrouver le gris du texte ou bien quelque chose comme de la matière grise. Des images pensives plutôt que pensées. Elle souhaite faire du lieu de révélation que représente la photographie l’analogon d’un espace mental où quelque chose prendrait corps, un souvenir, une réminiscence ou une vision, un fantasme. La photographie n’a d’intérêt pour elle que dans ce questionnement permanent qu’elle peut entretenir avec les autres arts : le cinéma bien sûr, mais aussi la peinture, le dessin, la gravure… Elle s’en inspire pour nourrir un imaginaire mais aussi, pour interroger la nature du réel, comme si une image fabriquée, une image de l’art, pouvait tout autant lui servir de sujet ou de
prétexte. Les médiums se frottent, se confondent parfois…
Il n’en demeure pas moins que son attachement à la littérature conditionne un amour du livre, et qu’elle voit dans celui-ci un lieu d’épanouissement pour son travail. Faire dialoguer les images entre elles (l’entre-image), constituer des séries, jouer sur les formats, les silences, les blancs, les rythmes… tout cela lui importe. Le livre est comme une scénographie en miniature, dont on retrouve l’expression agrandie dans les scénographies de ses expositions. Empruntant volontiers les sentiers du graphisme, du dessin et de l’écriture, elle cherche par cette hybridation à mettre en place une sorte de littérature photographique. Le travail d’Anne-Lise Broyer véhicule une part de mystère, mais peut-être que son secret ne réside pas tant du côté de la chose vue que du côté de celui qui regarde.  
 
Elle expose régulièrement en France et à l’étranger. Ses ouvrages sont publiés aux Éditions Filigranes ainsi qu’aux Éditions Nonpareilles. La Galerie Particulière représente son travail à Paris.
Pascal Gibourg

Nicolas Comment

Auteur, Musicien, Photographe

Diplômé de l’École Nationale des Beaux-Arts de Lyon (1997) et de l’École Nationale Supérieure des Arts Décoratifs de Paris (1999), Nicolas Comment publie son premier livre de photographies en 2001 aux éditions Filigranes, « La desserte » (texte d’André S. Labarthe), qui sera suivi par « Le point » en 2003 et « A*** » en 2004.
Diverses expositions personnelles et collectives en France et à l’étranger lui permettent alors de montrer son travail que l’écrivain Bernard Noël – préfacier de deux de ses livres — définit comme un « journal du regard ».
Durant cette période, il développe peu à peu un style photographique singulier caractérisé par son utilisation originale de la couleur et son intérêt pour la route, le paysage et le nu. Cette démarche l’inscrit dans la lignée d’une photographie d’auteur française (Bernard Plossu, Magdi Senadji) et peut également être rapprochée des travaux couleur de Saul Leiter et Todd Hido.
En collaboration avec Patrick Le Bescont et Anne-Lise Broyer, Nicolas Comment a par ailleurs créé la revue « Saison » aux éditions Filigranes et publie en 2006 le livre « Fading ».
En 2004, sa rencontre avec Rodolphe Burger le rapproche du monde de la musique, jusqu’à ce que le producteur Jean-Louis Piérot lui propose de l’accompagner dans la réalisation d’un projet musical personnel dont le CD-livre « Est-ce l’Est ? (Berliner romanze) », paru en 2008, constitue le premier volet.
En 2010, il publie le livre « La visite » (son hommage à Bernard Lamarche-Vadel) et réalise son premier album produit par Marc Collin, salué par la presse : « Nous étions Dieu » (Kwaidan / Discograph).
En 2012, il adapte en musique avec Xavier Waechter le dernier recueil de poèmes de l’écrivain Bernard Lamarche-Vadel « Retrouvailles », sorti en 2012 sur le label de jazz Bonsaï Music. La même année, il expose à Paris une nouvelle série d’images, fruit d’une résidence photographique effectuée au Mexique et publie le livre « Mexico City Waltz ».
En 2014, en marge de la publication du livre « T(ange)r » aux éditions Filigranes (accompagné d’une postface de Gérard Manset et d’un 45 tours collector contenant deux chansons inédites), il expose de décembre 2014 à janvier 2015 à la galerie 127 (Marrakech) une nouvelle série de photographies réalisées dans la ville de Tanger. Son deuxième album solo, « Rose planète », (Kwaidan / Because) sort en version CD en 2015 et en version 33 tours en 2016 (Mediapop). L’exposition collective « Being beauteous » (avec A.-L. Broyer, A. Da Cunha, M. Maurel de Maillé) poursuit sa route dans différents musées français pendant toute l’année 2015. En 2016, Nicolas Comment présente une vaste exposition en duo avec Bernard Plossu, « Identification d’une ville » et expose à Vichy, dans le cadre du festival Portrait(s), une nouvelle série de photographies. Ce dernier travail, « Milo », a également fait l’objet de la publication du livre « Milo (Songbook) » aux éditions Chic Medias.