Après tout, pourquoi le cinéma ? A cause du flou ? Le bougé, les cadrages, les personnages suivis et épiés dans leur dos ? Ce sentiment est décidément trop simple, trop évident : mouvement saisi, immobilisation momentanée, suspens, tension du redémarrage du geste, reprise empêchée de l’emportement des corps gelés par la prise. Mais en quoi ces images depuis une quarantaine d’années – floues en effet, brossées, rayées, empoussiérées par le tremblé – renvoient-elles au cinéma ? Car le cinéma est-ce du flou, du tremblé, du rayé ? Toute sa pratique est tendue vers le net, le fixe, le lisse. Ce sont les obsessions des opérateurs de films. Ou alors, il s’agit dans le cas contraire, de méprisables films expérimentaux. Mais ces derniers, en général, les photographes les méconnaissent, et paradoxalement, les cinéastes expérimentaux rêvent parfois de photographie quand ils se livrent à leurs excès formalistes. Dominique Païni
Parution
15/01/2002
Collection
Hors Collection
Format
150 x 210
Français
Broché
32 photographies en bichromie
68 pages
ISBN : 978-2-914381-15-4
Commander

Bernard Plossu

Photographe

Bernard Plossu, né au Sud-Vietnam en 1945, il a grandi entouré des photographies de désert prises par son père lorsqu’il partit faire du ski sur les dunes du Sahara en 1937 avec Roger Frison-Roche. Pudeur, sensualité, émotion, gaieté, voici quelle est la « sève » qui irrigue déjà les images de cet autodidacte qui débarque au Mexique en 1965 et 1967 pour y rejoindre ses grands-parents. Un Voyage mexicain que publiera 15 ans plus tard son  éditeur Claude Nori. Un livre qui, selon le créateur des Éd. Contrejour, est devenu une sorte de « bible pour toute une génération » soudain désinhibée par sa liberté de ton et sa vision intime et poétique.

Dominique Païni

Auteur, Commissaire

Directeur de la Cinémathèque française de 1991 à 2000, et depuis lors responsable des projets pluridisciplinaires du Centre Georges Pompidou. Défend le cinéma d’auteurs comme: Jean-Marie Straub, Michael Snow aussi bien que Rossellini ou Godard, il réaffirme que l’invention du cinéma est une affaire d’auteur et d’artiste. Il affirme, plus fermement que dans son précédent livre, Le cinéma, un art moderne, une approche du cinéma selon des motifs figuraux (le ralenti, le sculpté, le figé…), tire un premier bilan de l’expérience de son exposition Hitchcock et l’art, et commente les tentatives contemporaines de sortir le cinéma de son site traditionnel, de la salle aux cimaises du musée.